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Épisode 8 – L’effet Diderot ou comment se créer une spirale de bonnes habitudes ?

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Transcription de l’épisode

Que ferais-tu si ta fille chérie décidait de se marier et que tu étais incapable financièrement de contribuer à son mariage ? 

Voici en tout cas ce que le célèbre philosophe Denis Diderot a fait…

Et tu vas voir aussi comment tu peux simplement te créer une spirale de bonnes habitudes. (Oui ! Les deux points sont liés, rassure-toi).

Bien qu’il ait été célèbre à son époque, Diderot a vécu une grande partie de sa vie dans la pauvreté.

Mais un jour, la chance a fini par lui sourire.

La reine de Russie aimait beaucoup son travail et avait entendu parler de ses problèmes financiers.

Alors elle racheta une grande partie de son travail et échange d’une grosse compensation financière.

Du jour au lendemain, la situation financière de Diderot avait changé. Il a contribué au mariage de sa fille.

Et il s’est offert une nouvelle garde de robe.

Après cet achat, il s’est produit dans l’esprit de Diderot ce qu’on appelle en psychologie, une dissonance cognitive.

C’est-à-dire qu’il y avait un écart entre sa nouvelle réalité d’homme qui a touché le pactole et le style de vie dans lequel il vivait.

Plus précisément, il trouvait que sa nouvelle garde-robe ne collait plus avec la déco de la maison dans laquelle il vivait. Et cette déco ne collait plus avec son nouveau statut.

Et c’est là qu’a commencé une spirale d’achats compulsifs…

Chacune de ses nouvelles acquisitions lui suggérait une autre acquisition.

Quelques années plus tard, les sociologues ont appelé cette tendance à enchaîner les achats compulsifs de la sorte, l’effet Diderot.

On a tous été victimes de cet effet sans le savoir (moi y compris).

On s’achète un appareil, une chaussure, des fringues et on continue à effectuer d’autres achats qui vont matcher avec ce qu’on vient d’acheter et nous voilà pris dans la spirale d’achats compulsifs.

Ou encore, on passe d’étudiant à salarié et tout à coup on commence à opérer plusieurs achats compulsifs pour matcher avec notre nouveau statut.

Une plus belle montre, un meilleur téléphone, de nouveaux sneakers, etc.

Un paiement en plusieurs fois par ici. Un autre petit paiement en plusieurs fois par là.

Un petit achat par ici. Un autre petit achat par là.

C’est comme ça que certains d’entre nous finissent par se retrouver étranglés financièrement sans le voir venir.

Je connais très bien l’effet Diderot, car c’est lui qui m’avait mis sans m’en rendre à découvert pendant de longues années quand j’étais étudiant.

Où est-ce que je veux en venir avec cette histoire de Diderot ?

L’effet Diderot ne concerne pas que nos habitudes avec l’argent.

Mais, j’ai découvert par expérience qu’il concerne toutes nos habitudes.

En fait, nos habitudes ne sont pas décolérées les unes des autres.

Une mauvaise habitude (aussi minime soit-elle) entraîne une spirale d’autres mauvaises habitudes.

Les gens qui n’ont pas l’habitude d’être organisés ont tendance à ne pas terminer ce qu’ils commencent.

Ceux qui n’ont pas l’habitude de faire du sport ont tendance à ne pas faire attention à ce qu’ils mangent.

Ceux qui n’ont pas l’habitude d’anticiper les choses passent par exemple leurs vies en mode réaction.

Nos habitudes ne sont pas décolérées les unes des autres.

Mais voici la bonne nouvelle, cela marche dans les deux sens.

Une bonne habitude (aussi minime soit-elle) entraîne une spirale d’autres bonnes  habitudes.

Quand tu comprends cette loi du changement, il est plus facile pour toi de créer une spirale de bonnes habitudes sans avoir à te forcer.


Quand tu l’ignores tout simplement, il est encore plus facile pour toi de créer une spirale de mauvaises habitudes sans avoir à te forcer.

Dans les minutes qui suivent, je vais te parler d’un cas pratique : le mien.

Et ensuite, je vais te montrer comment tu peux transposer cela aux habitudes que tu souhaites mettre en place.

Bien entendu, il y a autant d’habitudes qu’il y a de grains de sable sur cette terre. Je ne pourrai jamais faire (en tout cas dans un podcast) traiter de toutes les habitudes.

Je t’invite donc à ne pas te braquer en te disant : « mais, moi je ne veux pas mettre en place cette habitude, mais plutôt celle-ci ».

Je t’invite à rester vigilant à ce qui va suivre et à écouter ce que je vais te dire, en réfléchissant à comment transposer ce cas pratique à ton cas.

Pourquoi ça ne marche pas ?

Tu vois, lorsque la plupart des gens prennent conscience de quelque chose et décident de former une nouvelle habitude, ils tombent tous dans le même piège.

Ils essaient d’effectuer un changement radical.

Par exemple, ils veulent prendre l’habitude d’aller courir. Et ils commencent par se dire : « Je vais aller courir 2 fois par semaine. Je vais courir 5 Km » alors qu’ils n’ont jamais fait ça auparavant.

Ou quand ils veulent mieux manger, ils commencent par tout arrêter du jour au lendemain et remplissent leur frigo de légumes et de tout ce qui est sain et il n’y touche plus deux semaines après.

À chaque fois qu’on essaie de changer une mauvaise habitude, on fait l’erreur d’effectuer un changement radical.

On devient extrême avec nous-mêmes.


Résultat ? On finit par se lasser de cette habitude au bout de quelque temps.

Et c’est là qu’on commence à culpabiliser et à être déçu de soi-même.

Plus j’étudie la science du comportement et la psychologie humaine, plus je réalise que changer en réalité est simple.

Il n’y a rien de réellement compliqué dans le fait de changer.

On a du mal, car personne ne nous explique réellement les choses.

Personne ne nous montre quels sont les leviers sur lesquels il faut tirer.

On est un peu comme des ouvriers qui veulent creuser un trou en utilisant juste nos ongles. On est d’accord qu’on peut mieux faire n’est-ce pas ?

J’entends par là qu’inconsciemment, on va à l’encontre de certaines lois qui gouvernent notre comportement. Voici pourquoi on éprouve autant de difficultés.

L’effet Diderot est une des lois qui gouvernent notre comportement.

Une mauvaise habitude (aussi minime soit-elle) enclenche une spirale d’autres mauvaises habitudes

Une bonne habitude (aussi minime soit-elle) enclenche une spirale d’autres bonnes habitudes.

Si nous voulons développer facilement de nouvelles habitudes, nous devons capitaliser sur l’effet Diderot pour nous aider à changer.

Nous devons faire en sorte de laisser cette « loi » bosser en notre faveur et non contre nous.


Et cela est possible en utilisant une approche que j’ai appelée la transformation incrémentale.

Voici comment j’ai utilisé la transformation incrémentale pour passer de quelqu’un qui se nourrit comme un porc à quelqu’un qui mange beaucoup mieux…

Lorsque j’ai perdu mon père à la suite d’un cancer en 2015, j’ai tout à coup réalisé l’importance de veiller sur sa santé.

J’ai réalisé que si notre corps n’arrivait plus à suivre, il serait difficile de continuer à réaliser nos rêves (pas impossible, mais ça rend la tâche un peu plus compliquée).

Mais contrairement à l’approche que j’utilisais avant, j’ai décidé d’opérer différemment.

Je n’ai pas arrêté du jour au lendemain Macdo, les Kebabs, les sodas.

Je n’ai pas commencé à manger régulièrement des fruits du jour au lendemain.

J’ai trop longtemps essayé l’approche de la transformation radicale. J’ai trop longtemps été extrémiste avec moi-même.

J’ai fini par comprendre que ça ne marche pas du tout. En utilisant cette approche, on finit par se lasser au bout de quelque temps de notre habitude.

1)        J’ai divisé mon alimentation en 2 segments : ce que je MANGE et ce que je BOIS


2)        J’ai fait l’inventaire de ce que je buvais : soda, jus de fruits


3)        J’ai ensuite fait l’inventaire de ce que je mangeais : des plats pas du tout équilibrés

4)        Puis, je me suis uniquement attaqué à ce que je buvais SANS modifier ce que je mangeais.

Quand tu pratiques la transformation incrémentale, tu ne fais pas l’erreur de tout vouloir changer d’un coup. 

Tu démarres par ce que d’autres considéreront comme une habitude minime et tu montes d’un cran en t’appuyant sur l’effet Diderot.

J’ai commencé d’abord par remplacer mon soda par de l’eau. C’est tout ce que j’ai fait. Je continuais à mal manger.

Les esprits les moins rompus à la science des habitudes auraient dit que je perdais mon temps, mais regarde la suite…

…Tu vas comprendre pourquoi ce simple changement a suffi

Nous les humains, nous avons tendance à vouloir rester cohérents avec nous-mêmes.

C’est un besoin qu’on éprouve tous. On a tendance à agir en fonction de la façon dont on se perçoit.

Par exemple, tu as pu constater que ceux qui font du sport ont tendance à surveiller ce qu’il mange. Car on se dit, « Quelle idée de faire du sport, si je mange mal ? »


Ceux qui n’en font pas ont tendance à ne pas surveiller ce qu’ils mangent.

C’est le principe de cohérence qui nous habite tous qui en est la cause. Si je me perçois comme un sportif, naturellement j’ai envie de mieux manger et surveiller ce que je mange.


Si je me perçois comme quelqu’un qui fait attention à ce qu’il mange, naturellement mon cerveau me pousse à faire du sport, car ça vient renforcer l’image du sportif que je suis.

Aucun sportif qui se respecte ne néglige son alimentation.

Nous les êtres humains nous cherchons avant tout à être cohérents avec nous-mêmes.

En commençant à boire de l’eau à la place du soda d’un point de vue extérieur, rien ne semble n’avoir changé, mais intérieurement cela a légèrement modifié la perception que j’avais de moi-même.


J’ai commencé petit à petit à développer l’identité mentale d’une personne qui prend soin de son alimentation et d’elle.

Par la suite, je me suis pris un vélo d’appartement pour commencer à pratiquer une activité physique et régulière.

Cela m’a poussé naturellement à améliorer un autre aspect de mon alimentation : les desserts.

J’ai remplacé mes desserts super sucrés par uniquement un bol de fruits.


Ceci est venu encore plus renforcer la nouvelle perception que j’avais de moi-même.

Et en ce moment, je suis passé à un autre cran, j’ai remplacé les jus de fruits (bourrés de sucre) qu’on trouve dans les magasins  par un du jus de coco.

J’ai naturellement eu envie par la suite de modifier un autre aspect de mon alimentation : les jus de fruits.

Tu vois ? Je suis passé de quelqu’un qui se nourrit comme un porc à quelqu’un qui mange beaucoup mieux sans avoir à me forcer et tout en douceur. C’est la transformation incrémentale.

On monte d’un cran petit à petit sans créer de dysfonctionnement dans notre transformation.


Une bonne habitude (même si ce n’est qu’une goutte d’eau dans un océan) finit par créer une spirale d’autres bonnes habitudes.

Et une mauvaise habitude (même si ce n’est qu’une goutte d’eau dans un océan) finit par créer une spirale d’autres mauvaises habitudes.

Maintenant faisons un petit récap…

  1. On vient de voir que changer radicalement est voué à l’échec à tout jamais. Tu as assez essayé cela comme approche. Les résultats ne sont pas au rendez-vous. Rends-toi à l’évidence. Il faut faire autre chose.
  2.  On vient de voir qu’il existe une meilleure approche : la transformation incrémentale.
  3. On a vu une loi très importante de la formation d’une habitude : une bonne habitude (même si ce n’est qu’une goutte d’eau dans un océan) finit par créer une spirale d’autres bonnes habitudes.


Prends l’habitude que tu veux construire et commence progressivement. Commence par un petit aspect.

Ensuite, monte d’un cran, puis d’un autre, comme je l’ai fait avec mon alimentation.

Une partie de toi va vouloir te faire aller plus vite et te pousser à être extrême dès le début. Dis-lui gentiment d’aller se faire foutre.

Adopte la transformation incrémentale.

Cela va naturellement changer la façon dont tu te perçois et vu que nous les humains on a tendance à vouloir être cohérent avec la façon dont on se perçoit, tu vas monter d’un cran, puis d’un autre et encore d’un autre tout naturellement sans te forcer.

Changer est simple quand on commence à comprendre sur quel levier tirer. L’effet Diderot en est un. Le principe de rester cohérent en est un autre.

Voilà c’était tout pour ce podcast. Merci de l’avoir suivi jusqu’au bout. 

Reste après le générique, car je vais répondre à la question de la semaine.


Je réponds à la fin de chaque épisode à une question d’un lecteur ou d’une lectrice.

Envoie-moi tes questions à claude@toutep.com ou par messagerie sur FB. Ces questions par contre doivent porter sur un des thèmes suivants :

  1. La formation des habitudes
  2. La productivité
  3. La confiance en soi / la zone de confort